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La fondation Cabo San Francisco

San Francisco del Cabo, Equateur 

        Les conditions de vie des habitants du petit village de San Francisco del Cabo étaient déjà bien précaires lorsque, en 2003, le gouvernement équatorien autorisa une entreprise japonaise à développer dans son secteur un projet mettant en péril l’équilibre naturel de la région et aggravant encore les difficultés de ses habitants.

        San Francisco del Cabo (« du cap ») est un petit village du nord de la côte équatorienne, dans la province d’Esmeralda. Ses habitants, pêcheurs et agriculteurs pour la majorité, vivent dans une grande pauvreté et ne reçoivent quasiment aucun soutien du gouvernement équatorien. Leurs conditions de vie sont très difficiles ; le village ne dispose pas d’infrastructure de santé ni des services hygiéniques de base.

        L’installation en 2003 d’un projet de culture d’eucalyptus sur des milliers d’hectares proches du village est en passe d’aggraver la précarité de leur situation, si ce n’est déjà fait. En effet, la monoculture à grande échelle d’un arbre qui ne pousserait absolument pas dans des conditions normales sous ces latitudes présente certes un fort gain pour l’entreprise japonaise, mais tout ce qu’elle développe chez les habitants de la région est un peu plus de pauvreté et la raréfaction de leurs ressources naturelles.

        Comme c'est le cas avec toutes les monocultures, surtout d'une telle ampleur, la biodiversité a chuté brutalement. Les riches forêts tropicales ont été rasées pour créer des champs où n'a été plantée qu'une seule essence, qui en elle-même n’est pas adaptée aux conditions naturelles locales. L’eucalyptus, arbre d’origine australienne, a besoin pour croître dans ce climat tropical d’énormes quantités de produits chimiques (insecticides, herbicides, engrais). Ces produits chimiques se retrouvent fatalement dans l’eau des rivières voisines, empoisonnant les poissons qui y vivent et les humains qui consomment ces poissons.

        Les rivières connaissent en outre une forte baisse de débit, car les racines des eucalyptus s’enfoncent très profondément dans le sol, jusqu’aux nappes phréatiques qu’elles vident peu à peu.

        Enfin, les feuilles des eucalyptus, très acides, contribuent à appauvrir les sols dans lesquels ils sont plantés en très peu de temps.

       La menace écologique est donc réelle. Par ailleurs, les conditions économiques des habitants souffrent aussi de cette exploitation : les forêts d’eucalyptus n’offrent pas, loin de là, la même diversité de ressources que les forêts naturelles. De plus, les paysans propriétaires sont poussés à vendre leurs terres pour des sommes souvent dérisoires et se retrouvent complètement démunis...

        Face à ce problème, la Fondation Cabo San Francisco (FCSF) a mis en place il y a un an un projet intéressant dans le but d’offrir une alternative économique et écologique aux habitants.

        Crée en 1994 par Riccardo Torres, un médecin de Quito, cette ONG est prinicipalement constituée de membres du village. L’objectif du FCSF est de soutenir le développement de San Francisco del Cabo et l’amélioration de la qualité de vie de sa population. La priorité est donnée à la santé et à l’éducation : réhabilitation du système d’eau potable (défectueux depuis 10 ans), brigades médicales, création d’une pharmacie, construction de nouvelles salles pour les écoles ...

        Le FCSF recherche activement depuis sa création des alternatives économiques et écologiques pour ses membres et, plus généralement, pour tous les habitants du village. C’est dans cet esprit qu’ont été crées une dizaine de pépinières, chez des particuliers et dans des écoles. Dedans sont cultivées des plantes aux usages variés : des arbres qui serviront à reforester ; des arbres fruitiers offerts aux particuliers pour améliorer l’ordinaire ; des plantes ornementales et des arbres « à bois » destinés au commerce. Ces pépinières, dans lesquelles sont invités à jardiner les élèves des écoles et collèges de la commune, sont un bon moyen d’aborder l’éducation à l’environnement sous un angle pratique.

        Le projet le plus récent du FCSF, une microentreprise de production d’artisanat en bambou, a été initié l’année dernière pour lutter contre les problèmes engendrés par l’implantation de l’entreprise du bois.

        La croissance rapide du bambou, sa robustesse et sa légèreté en font un matériau idéal pour la production de meubles et d’objets de décoration. Sa culture permet en outre de lutter contre l’appauvrissement des sols puisque cette espèce, endémique de la région, limite l’érosion en stabilisant les sols et permet de contrôler l’eau. En plus d’une action de conservation, la création de la microentreprise, lorsqu’elle sera assez productive, devrait permettre d’améliorer les conditions de vie des habitants et de les former à de nouvelles techniques.

        Pour le moment, la future entrprise se heurte à des difficultés économiques. Ne disposant d’aucune ressource, le FCSF doit faire appel à l’aide internationale pour mettre en place la production. Le projet a ainsi bénéficié d’une aide du Fond des Nations Unies pour le Développement, ce qui a permis la création d’un atelier au rez-de-chaussée de la maison de la fondation. Des machines pour travailler le bambou ont été prêtées par la coopération belge. L’INBAR (International Network for Bambu and Rattan), payée par la fondation, a formé quelques personnes au travail sur le bambou, de la culture des pousses à la construction des meubles, jusqu’à leur emballage pour exportation....

        Tout est donc prêt pour lancer une production qui permettrait au village de San Francisco de relever la tête, à condition de trouver les derniers financements, sans lesquels tous les efforts fournis risquent d’être vains...

En savoir plus : www.cabosanfrancisco.ch/french

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Dernière mise à jour juillet 2009