logoReportage Ceiba
Une approche positive de la sensibilisation à l'environnement
Accueil

Le reportage
RN Pacha Mama
RN El Paujil
Fondation Golondrinas
Coopérative Santa Lucia
Fondation Cabo San Francisco
Ecovillage Tierra en armonia
CEPODRA

Plus de photos

 
carte Santa Lucia
Coopérative Santa Lucia
Nanegal, Equateur

 

Comment une simple coopérative agricole s’est-elle convertie en la première coopérative de “conservation et développement durable » de son pays ? C’est le résultat incroyable du travail d’un groupe de familles de la région de Nanegal, dans le centre de l’Equateur. Devant la dégradation de leur milieu, provoquée par leurs modes de culture, ils ont réussi une reconversion totale de leur coopérative en structure d’écotourisme, respectueuse de l’environnement et économiquement stable.

La coopérative agricole “Santa Lucia” a été créée en 1976 par une vingtaine de familles d’agriculteurs qui se sont associées pour gérer ses 730 hectares. La culture traditionnelle du lieu était celle de la naranjilla, un fruit à fort rendement (quand il pousse bien) et qui se vend très cher. Mais sa culture posait beaucoup de problèmes, pour l’environnement comme pour les agriculteurs.

vivero
     Les terres de la coopérative Santa Lucia sont composées à 80% de forêt primaire nuageuse. Comme dans toute forêt primaire, le sol est pauvre et l’humidité importante. Il fallait donc pour pouvoir cultiver utiliser beaucoup de produits chimiques (engrais, pesticides, fongicides: 6 produits en tout). Ces substances ont empoisonné le sol, les eaux et les hommes chez qui elles ont causé des maladies parfois mortelles. Par ailleurs, il fallait défricher pour cultiver, mais le sols s’épuisant vite, les parcelles étaient abandonnées au bout de deux ans au plus. Il fallait alors recommencer: défricher, épandre les produits…
     
La forêt nuageuse de santa Lucia
     Vers le début des années 90, peut-être à cause d’une dérive génétique, les naranjillas ont commencé à avoir de plus en plus de parasites, ce qui a nécessité l’emploi de plus en plus de produits chimiques dangereux et coûteux.
  
Le rendement était de plus en plus mauvais, et les membres de la coopérative de plus en plus pauvres.La forêt était de plus en plus dégradée alors que depuis 1989, Santa Lucia faisait partie d’une zone de 14 000 hectares déclarée forêt protégée. Mais comme ce classement n’a été accompagné d’aucune communication, d’aucune aide ni d’aucun contrôle de la part du gouvernement, les membres de Santa Lucia ont continué leurs cultures comme avant.
      Le concept de “conservation” était encore à l’époque complètement inconnu pour les habitants de Nanegal et des alentours. Il était en effet impensable, pour des personnes ayant du mal à survivre et qui disposaient d’une forêt juste à côté, de ne pas l’exploiter. Dans ce contexte, la conservation n’était qu’une menace pour leur travail.
     En 1995, les membres de la coopérative durent se rendre à l’évidence : il n’était plus possible de vivre de la culture de la naranjilla, dont le rendement était devenu trop mauvais. 
mujeres por la conservacion
Place principale de Nanegal

    La pauvreté était à ce moment plus forte que jamais, et plusieurs membres de la communauté furent obligés de partir chercher du travail ailleurs pour faire vivre leurs familles, jusqu’aux exploitations pétrolières de la côte. 
    La solution devait venir de la réserve voisine, qui en août 1995 inaugura une opération d’écotourisme. Francisco Molina (“Pancho”), un membre de Santa Lucia, avait travaillé quelque temps pour cette réserve, comme d’autres membres de la communauté. Ils se virent proposer une formation de guide “nature”. C’était une très bonne formation, encadrée par des professionnels, et on y parla beaucoup de conservation. C’est à ce moment, et en guidant les premiers touristes qui ne cessaient de s’extasier sur la beauté de la forêt, que Pancho réalisa que la communauté de Santa Lucia possédait un trésor, et qu’il fallait arrêter de le détruire ! (Rappelons que ce même Pancho, peu de temps avant, était capable de défricher à la machette avec son frère un hectare de forêt par jour...).
   
Nommé en 1996 président de la coopérative, Pancho commença à l’orienter vers la conservation, même si tous les membres ne comprennaient pas et résistaient encore.

forêt nuageuse

 Certains, farouchement opposés au projet allèrent jusqu’à vendre leurs terres... La grande difficulté fut à ce moment de convaincre les gens de l’utilité et de l’importance de la conservation et de l’écologie, qui apparaissaient à la plupart comme des choses crées par des étrangers, pour des étrangers : ils ne se sentaient pas concernés (d’où l’importance que les actions de communication et d’éducation soient menées par des personnes de la communauté).

Dans la forêt nuageuse
C’est donc à partir de cette époque que les membres de Santa Lucia commencèrent à chercher un moyen de conserver la forêt tout en générant un apport financier.
    La réserve voisine leur proposa d’acheter Santa Lucia pour l’intégrer à la réserve mais les membres refusèrent, car ils tenaient absolument à gérer eux-même leurs ressources et à éviter aux gens ayant vendu leurs terres de partir pour Quito, où ils connaîtraient une pauvreté encore pire...

Après beaucoup d’études de faisabilité, et comme rien d’autre ne fonctionnait (ni la production de miel, ni celle d’orchidées, de palmiers, ni l’élevage de truites…) la coopérative décida de se tourner vers l’écotourisme, et de construire un lodge au sommet d’une des montagnes qui surplombent la forêt.
La construction du lodge débuta en 1999 dans des conditions très difficiles. Tous les matériaux devaient être charriés à dos de mule sur plus de 400m de dénivelé à travers la forêt.
lodge
Le lodge
Sans apport financier extérieur ou presque, la coopérative finança presque entièrement la construction, ce qui est une grosse dépense vu leurs moyens... L’année de la construction du lodge fut donc très dure pour les membres de santa Lucia. Finalement, la fondation américaine Rainforest Concern finança les derniers travaux, et le lodge commença à acceuilllir des touristes en 2000.
terrasse

   Au terme d’une montée à pied assez raide d’environ une heure et demie à travers la forêt nuageuse, on arrive au lodge, construit entièrement en bois et dont l’électricité provient de panneaux solaires. La vue sur les montagn
es environnantes, recouvertes de forêt tropicale nuageuse, est impressionnante. Un potager biologique fournit une partie de la nourriture. Tout près du lodge, un orchidarium comporte plus de deux cent variétés d’orchidées.
Vue de la terrasse du lodge
    Un grand nombre de promenades peuvent être entreprises dans les environs et certains des membres de la coopérative ont suivi une formation en ornithologie... L’offre touristique est donc variée.

Les deux principaux objectifs de la coopérative Santa Lucia sont atteints : ses membres ont un revenu (un salaire pour ceux qui y travaillent, et un pourcentage des profits pour tous) et la forêt est protégée. Quant au troisième objectif, augmenter le niveau de vie des personnes alentours, il sera atteint lorsque la structure sera suffisament stable pour pouvoir dégager des fonds et du temps pour s’en occuper... dans quelques année si tout va bien !

Mais le plus important est que les membres de santa Lucia pourront léguer à leurs enfants une terre saine, et un mode de vie stable et durable. Ceci est le résultat d’un énorme travail commun; et selon Pancho, leur réussite est en grande partie due à leur cohésion.


En savoir plus: www.santaluciaecuador.com

Voir plus de photos de la coopérative Santa Lucia

Echange avec la classe de Rueil-Malmaison


Le projet "Ceiba"
ou pourquoi et comment nous avons passé 8 mois en Amérique du Sud


Nos partenaires

Contacts
Dernière mise à jour août 2009