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Le Centre de Promotion et de Développement Rural Amazonien
(CEPODRA)


    Les indigènes Shipibos-Conibos, traditionnellement installées dans la région de l’Ucayali et du Loreto, en Amazonie péruvienne, font partie des plus anciens habitants du Pérou. Malgré un contact de plusieurs siècles avec les péruviens et les européens, ils ont réussi le tour de force de conserver une identité culturelle étonnamment forte et ancrée dans leur vie quotidienne.
Elena        Le respect des traditions shipibos implique entre autres un rapport à la nature bien plus respectueux que celui de leurs contemporains. Traditionnellement pêcheurs, chasseurs et cultivateurs, ils vivent pour la plupart dans des zones très isolées de la forêt, le long des cours d'eau qui leur servent de voies de communication. Les femmes se consacrent à l'artisanat. Le chamanisme est très présent dans leur quotidien et donne une structure solide et des repères aux communautés. C'est pourquoi les Shipibos ont jusqu'ici  mieux résisté que d'autres ethnies amazoniennes aux problèmes sociaux liés aux changements économiques.
       Mais depuis quelques années, la pression économique a été aggravée par une forte augmentation du niveau des pluies, entraînant des récoltes désastreuses.
Beaucoup de familles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins, et ont dû migrer aux alentours des villes les plus proches. Cela n'a pas résolu leurs problèmes, au contraire : peu habitués aux villes, leur situation est extrêmement précaire  et ils perdent en plus leurs repères culturels, primordiaux dans l’organisation de la vie à laquelle ils sont habitués.
Femme Shipibo

    Les familles restées au village, fragilisées, sont des proies faciles pour les industries du pétrole et du bois, toujours à la recherche de terres peu chères pour y implanter leurs exploitations. Les terres ancestrales sont ainsi de plus en plus déforestées.
    Ce que craignaient le plus les Shipibos est en train d'arriver: dépossédée de ses terres et de ses traditions, leur culture est menacée de disparition.  Il est clair que pour eux, patrimoine culturel et patrimoine naturel sont indissociablement liés: sans l'un comme sans l'autre, leur identité ne survivra pas.

        C’est pour lutter contre ces dangers que des membres de la communauté Shipibo se sont réunis en 1995 pour créer le Centre de Promotion et de Développement Rural Amazonien (Cepodra), près de Pucallpa, une ville de l'Ucuyali. Les objectifs affichés de cette association civile à but non lucratif sont de faire reconnaître leurs droits, améliorer leurs conditions de vie et sauver leur culture. Pour Daniel Maynas Inuma, son fondateur et président, "écologie et promotion - pour ne pas dire sauvetage - du patrimoine culturel des Shipibos sont les piliers du Cepodra".
        Cinq programmes de protection et de valorisation du peuple Shipibo composent les lignes directrices du travail du Cepodra: leurs destinataires sont les enfants, les jeunes, les femmes, le tourisme rural (pensé comme générateur alternatif de fonds).
Daniel
Daniel Maynas Inuma
    Le dernier programme est tout particulièrement intéressant car il pourrait permettre d'améliorer assez rapidement les conditions de vie dans les villages, incitant les familles à y rester au lieu de tenter leur chance en ville.
    Les villages Shipibos, isolés dans la forêt, ne disposent pas d'électricité. La nuit tombée (vers 19h), toute la vie du village s'arrête. S'il n'est pas envisageable de raccorder le village au réseau local, une alternative écologique et économique qui leur permettra de générer eux-mêmes leur propre électricité est en train d'être mise en place.
 
village shipibo habitation shipibo
Village shipibo
Habitation traditionnelle
    
pousse de piñon Une opération dédiée à la production agricole "en accord avec la nature" est mise en place dans plusieurs des villages Shipibos de la région de Pucallpa, avec comme objectif une production d'agrocarburant qui améliorerait le quotidien des habitants.
      Le Cepodra a créé dans ces villages, avec la coopération de ses habitants, des pépinières et des champs de où sont cultivés des pouses de “piñon blanco” (Jatropha curcas). Cet arbuste est originaire du Brésil voisin, et sa culture facile et rapide ne nécessite pas d’apport d'engrais ni de pesticides.
Pousse de piñon blanco
      Tout l'intérêt du piñon est qu'il fournit, dès la première année, 2 à 6 kilos de graines. L’huile extraite de ces graines par simple pressage constitue un excellent agrocarburant. Avec l'achat de petits moteurs, les habitants des villages disposeront donc d'une source écologique et gratuite d'énergie électrique. 
Par ailleurs les coques des graines, une fois séchées, sont très combustibles et pourront servir aussi bien pour l'éclairage que pour remplacer le bois pour la cuisine, évitant aux habitants de couper trop d'arbres dans les forêts voisines.
     De nombreux avantages découleront de l'utilisation du piñon blanco: le plus important étant qu'il va favoriser l'indépendance énergétique, et donc économique, des communautés shipibos. De nombreuses activités qui sont impossibles ou très difficiles aujourd'hui pourront être accomplies: les enfants pourront étudier après que la nuit soit tombée, les hommes réparer leurs filets ou leur matériel agricole,  et les femmes pourront confectionner plus d'artisanat. Les petits moteurs électriques offriront des possibilités inédites pour les villageois.
    Daniel Maynas Inuma, technicien agricole de formation, est au courant de la controverse qui existe actuellement sur les biocarburants, mais il précise que le piñon est cultivé ici de manière biologique (sans produit chimique d'aucune sorte). Il  est planté sur des terres déjà déforestées et laissées à l'abandon. Cette production de petite échelle n'a aucun impact négatif sur le fonctionnement de la forêt que les Shipibos tiennent tant à protéger. Au contraire, elle permettra aux Shipibos de vivre plus confortablement au plus proche de leurs traditions, et ainsi d'encourager la survie de leur culture et l'équilibre écologique de la forêt.

ucuyali brume
Le fleuve Ucuyali par temps de pluie



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Dernière mise à jour août 2009